Covid 19 reconfinement cestreparti

La vie quotidienne de nos familles, déjà marquée par les défis spécifiques liés au spectre de l'autisme, a subi une transformation profonde avec l'évolution de la situation sanitaire. L'annonce d'un nouveau confinement ou d'une période de mesures renforcées ne se contente pas de modifier les horaires scolaires ou les routines hebdomadaires ; elle bouleverse l'équilibre émotionnel et logistique des enfants et des adultes autistes. Pour SFO Autisme, il est crucial de rappeler que ces changements, bien que source d'anxiété pour beaucoup, offrent également une opportunité de recadrer les stratégies d'adaptation et de renforcer les liens communautaires. Il ne s'agit pas seulement de gérer une crise sanitaire, mais de naviguer ensemble dans un environnement où les frontières entre le numérique et le physique s'estompent, exigeant de nouvelles compétences et une flexibilité accrue.

Comprendre les impacts spécifiques sur le spectre autiste

Les enfants et les adultes autistes réagissent souvent différemment aux changements brusques d'environnement. L'incertitude liée à la durée d'un nouveau confinement peut exacerbant les difficultés de régulation émotionnelle et sensorielle. La perte de la routine, si cruciale pour la stabilité cognitive et affective, devient un facteur de stress majeur. Par ailleurs, la dépendance à l'égard des interactions sociales en face-à-face et les besoins en stimulation sensorielle peuvent être affectés par le passage à un mode de vie quasi totalement digital. Il est donc essentiel de reconnaître ces besoins spécifiques pour anticiper les réactions et mettre en place des soutiens adaptés avant même que les premiers symptômes de crise ne se manifestent.

Adapter les environnements sensoriels à la maison

Puisque les sorties sont limitées ou annulées, la maison devient le seul environnement disponible, ce qui peut surcharger certains autistes. Pour atténuer cette surcharge, il est recommandé de transformer l'espace intérieur en un lieu apaisant et prévisible. Cela implique de réduire les stimuli inutiles, d'organiser les zones de travail et de repos de manière claire, et de maintenir les mêmes structures visuelles et auditives que celles utilisées en milieu professionnel ou scolaire. L'utilisation d'objets de transition, comme des objets de réconfort ou des sons blancs spécifiques, peut aider à stabiliser l'émotion dans un cadre restreint.

La gestion de la santé mentale et de l'anxiété

L'isolement social prolongé et l'imprévisibilité des mesures de santé publique constituent un terreau fertile pour l'anxiété et le dépression, particulièrement chez les personnes autistes qui ont déjà tendance à anticiper négativement les situations inconnues. Il est vital de reconnaître les signes d'épuisement mental et de savoir comment les apaiser sans recourir immédiatement à des solutions lourdes. La communication claire avec les professionnels de santé, les éducateurs et les proches est la première ligne de défense pour identifier les besoins immédiats.

Voici quelques stratégies concrètes pour soutenir la santé mentale pendant cette période de redéfinition :

  • Établir une routine visuelle simple qui indique les activités futures, même si elles sont virtuelles.
  • Pratiquer des techniques de respiration ou de relaxation guidée adaptées aux préférences sensorielles de chaque individu.
  • Maintenir des échanges réguliers par vidéo ou téléphone pour limiter l'isolement social.
  • Identifier et respecter les signes avant-coureurs de crise (agitation, retrait, refus de communiquer) pour intervenir précocement.
  • Fournir un espace sûr et calme où la personne peut se retirer temporairement pour se réguler.

La flexibilité des services et des ressources locales

Avec le retour des mesures restrictives, certains services habituellement accessibles se trouvent soudainement indisponibles ou nécessitent des démarches complexes pour être adaptés au contexte. Les centres de jour, les programmes d'intégration sociale et les activités parascolaires, piliers du développement pour de nombreux enfants autistes, sont souvent suspendus ou modifiés radicalement. SFO Autisme rappelle que la flexibilité ne doit pas être une option mais une nécessité dans cette période de transition. Il est important de contacter rapidement les organismes de soutien pour connaître les nouvelles modalités d'accès aux aides financières, aux aides humaines et aux programmes de télé-enseignement. La communication proactive avec les centres communautaires et les associations locales permet de maintenir les réseaux de protection autour de la famille.

Renforcer le rôle de l'entourage et de la communauté

Le soutien des proches et des pairs reste l'élément déterminant pour la résilience des familles autistes. Dans un contexte de confinement, le rôle des parents et des tuteurs devient plus central et exigeant. Ils doivent non seulement gérer les aspects logistiques du télétravail et de l'école en ligne, mais aussi assumer le rôle de médiateurs émotionnels. La communauté francophone de l'autisme, via des forums en ligne, des groupes de parole virtuels et les réseaux sociaux, offre un espace précieux pour partager des expériences, des stratégies d'adaptation et un sentiment d'appartenance.

Pour maximiser l'efficacité du soutien communautaire et familial :

  1. Organiser des sessions de visioconférence régulières où chaque membre de la famille peut exprimer ses sentiments et ses besoins.
  2. Créer un plan d'action écrit qui détaille les étapes à suivre en cas de changement de mesure sanitaire ou de fermeture d'établissement.
  3. Identifier des ressources locales (centres de santé, bureaux de services sociaux, banques alimentaires) et s'assurer que les informations concernant les personnes autistes et leurs familles sont clairement présentées.
  4. Encourager les échanges de compétences entre parents et aidants pour trouver des solutions innovantes face aux obstacles.
  5. Préserver le temps de "répit" pour les aidants principaux afin qu'ils puissent également se soigner et maintenir leur équilibre émotionnel.

Lorsque les portes des écoles et des centres s'ouvrent à nouveau, il est probable que nous retrouverons une dynamique différente, peut-être plus consciente des défis sensoriels et émotionnels auxquels nous sommes confrontés. Le défi de ce nouveau confinement n'est pas seulement de survivre à la crise sanitaire, mais de transformer cette période d'incertitude en un moment de croissance collective. En acceptant la flexibilité et en renforçant les liens communautaires, les familles autistes de l'Ontario francophone peuvent naviguer ces eaux tumultueuses avec courage et solidité.

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